Mors & Embouchures : Comprendre leur action (1/2)

Pour fêter le lancement de son offre en ligne de mors, cheval-energy.com vous a concocté un dossier spécial pour tout savoir les mors et embouchures, cet outil souvent mal connu et pourtant essentiel à la communication avec votre cheval.

Episode 1/2 : Comment fonctionne un mors ?

Quelles sont les grandes familles de mors ?

Utilisé depuis près de 4 000 ans, le mors est un outil à l’origine destiné à permettre au cavalier de mieux contrôler la direction et la vitesse de son cheval. Au fil de ses évolutions, le mors a permis d’affiner la communication entre le cavalier et son cheval, permettant un dressage de plus en plus précis et fin.

A travers son action sur la bouche du cheval, il permet d’obtenir une réponse quasi immédiate de celui-ci. Le mors peut avoir un effet sur différentes parties de la bouche du cheval :

  • les commissures,
  • la langue,
  • les barres,
  • le nerf mandibulaire, situé au niveau de la barbe.

Le mors doit donc être perçu comme un outil de communication entre le cavalier et son cheval au même titre que d’autres aides artificielles et doit être parfaitement adapté au cheval qui le porte pour éviter blessures, gênes et défenses.

Même si l’offre du marché est aujourd’hui d’une grande richesse, il est possible de classer les mors en 3 grandes catégories.

  • Le mors simple, ou mors de filet, se compose de canons et d’anneaux simples (ou leurs variantes). Son action est plutôt douce et il a un effet de base releveur, c’est-à-dire qu’une action sur les rênes viendra relever le mors dans la bouche et appuyer sur les commissures des lèvres. Le cheval sera alors incité à remonter sa nuque. Grâce à ses variantes de formes et matières, le mors simple peut s’adapter à de nombreux chevaux. C’est le mors de base, indiqué dans le travail du jeune cheval et du cheval ne présentant aucun « problème » particulier. L’objectif de tout cavalier dans le travail de son cheval devrait être de pouvoir conserver ou revenir à un travail en mors simple.

  • La catégorie des mors à effet regroupe différents mors dont l’action se fait par l’intermédiaire de branches plus ou moins longues et d’anneaux plus ou moins nombreux en plus de l’anneau du mors. L’effet peut être abaisseur (abaissement du mors dans la bouche avec pression sur la nuque pour fermer l’angle tête-encolure) ou releveur, avec plus ou moins d’effet selon la forme, la matière et le montage choisis. Ce sont des mors délicats qui doivent être utilisés par des cavaliers à la main fixe sur des chevaux dressés.

On trouve notamment dans cette catégorie 3 mors bien connus : le Baucher, le Pessoa et le releveur.

  • Le mors à levier est un mors ayant un effet (abaisseur) mais qui se caractérise par son action de levier renforcée grâce à la présence d’une gourmette. La gourmette, située au niveau de la barbe, vient appuyer sur le nerf mandibulaire très sensible lorsque les branches sont à 45° par rapport à l’axe de la bouche. Cela incite le cheval à fermer son angle tête/encolure. L’action du mors est d’autant plus forte que les branches sont longues. Ce sont donc des mors à manier avec beaucoup de précaution et de subtilité par des cavaliers aguerris sur des chevaux dressés. Dans cette catégorie se trouvent la plupart des mors utilisés en mors de bride, comme le mors Pelham et le Goyo Aga.

 A quoi servent toutes ces formes de mors ?

En jouant sur la forme des canons ou des anneaux, les fabricants permettent de combiner plusieurs effets sur un même mors afin de permettre aux cavaliers de trouver le mors le mieux adapté à leur cheval.

  • La brisure

Il existe différentes types de brisures, notamment :

 

Aucune brisure – mors droit : en résine ou caoutchouc, c’est un mors très doux adapté aux jeunes chevaux ou à certains chevaux à la bouche sensible, prenant difficilement le contact. L’action est toutefois moins précise qu’un mors brisé.

 

 

Simple brisure : c’est un mors classique dont les canons peuvent être plus ou moins fins et qui permet une action plus précise grâce à l’articulation des deux canons, mais qui peut gêner au niveau du palais ;

 

 

Double brisure : le mors est fait en trois parties, il est réputé être plus confortable et ergonomique pour le cheval, mais présente plus d’appui sur les barres.

 

A retenir : les canons fins sont plus sévères que les canons épais, que l’on privilégiera entre des mains inexpérimentées ou sur des chevaux d’école. Toutefois, il peut arriver que les canons fins conviennent mieux à certains chevaux dont la bouche est plus petite. Il faut alors veiller à ce que le cheval supporte bien ce type de mors.

  • Les anneaux

Si le mors simple classique est équipé de 2 anneaux, il arrive que ceux-ci connaissent des variantes, notamment :

Le mors à olives : contrairement au filet simple où l’anneau coulisse dans le canon, ici le canon et l’anneau forment une seule pièce, ce qui évite les pincements au niveau des commissures ;

Le mors Verdun : les anneaux en forme de D permettent de mieux encadrer la bouche en évitant que le mors n’en sorte lors d’une action de rêne. Il est souvent utilisé pour de jeunes chevaux montés ou à la longe.

Le mors aiguilles : les aiguilles encadrent également bien le bout de devant, notamment pour de jeunes chevaux afin de limiter le flottement lors d’une action de rêne.

Les grands anneaux : l’objectif est le même, mais l’action est renforcée par le léger effet de levier des grands anneaux sur le mors. C’est un mors destiné à des chevaux plus avancés dans le travail.

  • Autres formes: mors Waterford (mors à boules), mors twisté….

Les marques, les grands cavaliers et les fabricants ne cessent de créer de nouvelles formes pour proposer des mors adaptés à chaque cheval. On peut par exemple citer :

Le mors à boules : ce mors composé de plusieurs boules articulées à la place des canons est réputé améliorer la décontraction et la souplesse des chevaux figés sur la main.

 

Le mors twisté : il s’agit d’un mors droit dont la résine forme de petites bosses afin que le cheval ne s’appuie pas excessivement sur le mors.

Pourquoi existe-t-il différentes matières de mors ?

Outre les effets et les formes innovants, les fabricants proposent divers matériaux pour apporter plus de confort à nos chevaux. Passons en revue les principaux matériaux utilisés actuellement.

C’est le matériau le plus répandu. Parfois allié à du chrome et du nickel, il ne s’oxyde pas et est particulièrement durable. Pour une meilleure finition, préférez un mors travaillé à la cire plutôt qu’au sable pour éviter des défauts. L’acier ordinaire se détériore bien plus rapidement.

Le cuir : s’il peut paraître surprenant de mettre du cuir dans la bouche d’un cheval, c’est un matériau qui s’avère très doux et décontractant notamment pour les jeunes chevaux, mais il doit faire l’objet d’un entretien particulièrement rigoureux.

Le caoutchouc : ce matériau tendre permet de recouvrir des canons en acier et adoucir le contact du mors, il est aussi confortable pour des chevaux sensibles ou en cours de débourrage mais il se détériore rapidement si le cheval « mâchouille » son mors.

La résine : il s’agit en fait de résines au pluriel, car il existe autant de variantes que de fabricants. C’est toutefois un matériau qui reste très doux pour le cheval à la bouche sensible et les jeunes chevaux tout en étant plus fin et résistant que le caoutchouc.

Le cuivre : il est connu pour inciter le cheval à saliver et par conséquent à se détendre sur son mors. C’est un matériau tendre qui peut donc se détériorer rapidement, mais il existe divers alliages plus ou moins résistants.

Le maillechort : cet alliage inaltérable à base de cuivre, zinc et nickel (entre autres) ne s’oxyde pas et permet au cheval de se décontracter plus facilement.

Le cyprium : alliage de cuivre, aluminium et fer, il est à la fois décontractant et plus solide que le cuivre tout en étant plus chaud que l’acier – donc plus facilement accepté par le cheval.

En combinant l’effet, la forme et la matière, il est donc possible de trouver un mors adapté à chaque cheval. Pour être sûr de faire le bon choix, découvrez nos conseils dans la deuxième partie de notre dossier : Mors et embouchures : comprendre pour mieux choisir

 

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10 Réponses à “Mors & Embouchures : Comprendre leur action (1/2)

  1. depuis près de 4000 ans… bien plus selon les dernières trouvailles:
    Gannon Megan.: Horses Had Hentistry 3000 Years Ago. National Geographic, juillet 2018
    Une dernière publication de l’archéologue William Taylor de juillet 2018 parue dans le National Geographic fait remonter les premiers soins dentaires des équidés à 3000 ans avant J.C.

    L’archéologue William Taylor et son équipe de l’Institut Max Planck pour la science et l’histoire humaine suite à des analyses de crânes de chevaux issus de tombeaux des steppes mongoles ont démontré que des soins dentaires avaient été pratiqués sure des chevaux dès 3000 ans avant J.C.
    Ses découvertes laissent à penser que les soins dentaires ont aidé les peuples nomades à se déplacer sur de longues distances sur des montures saines et éventuellement avoir ainsi un meilleur contrôle sur leurs chevaux en tant que leur arme de guerre.
    Nomades des steppes de Mongolie ont domestiqué les chevaux des centaines d’années avant les célèbres conquêtes de Gengis Khan. A travers de récentes études génétiques il se pourrait que la domestication des chevaux remontrât à plus de 5000 années avant J.C. en Eurasie.
    Sur la base de squelettes du site de Bor Shoroonii Am, les scientifiques découvrent que vers la première moitié du 1er siècle avant J.C. les éleveurs mongoles évulsaient les dents de loup de leurs jeunes chevaux afin de leur éviter des lésions dues aux embouchures. « L’apparition des embouchures en métal a été une chose parmi d’autres pour passer de l’équitation d’éleveur à une équitation militaire. L’embouchure en métal permet un bien meilleur contrôle du cheval lors situations de stress » écrit William Taylor.
    2ème remarque :
    L’embouche est celle de Paco Goyoaga, cavalier espagnol, champion du monde en 1953 à Paris et qui a participé aux JO de Melbourne 1956, de Rome 1960 et Tokyo 1964.

  2. Merci pour ce dossier sur les mors c’est un tresor pour les cavaliers qui sont toujours à la recherche pour améliorer la communication avec leurs chevaux et aussi leur confort. Super.

    1. Merci Dominique, comme c’est gentil !!!! je passe votre commentaire à notre équipe, qui va en être ravi. Mathias de cheval-energy.com

    1. Bonjour Valérie et merci pour votre commentaire et votre intérêt.
      Effectivement ce mors à l’air très intéressant et adapté ! bon choix !

    1. Merci Valentine, votre commentaire nous fait très plaisir ! c’est pour des réactions comme la vôtre que nous sommes ravis de preparer une nouvelle thématique tous les dimanches ! merci à vous et excellente fin de journée!

      Charline de cheval-energy.com

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